On voit, on entend, on
lit, tout et son contraire: Les musulmans qui dénoncent les crimes
perpétrés au nom de leur religion, les extrémistes qui justifient
ces crimes par références aux textes sacrés, les textes sacrés
qui parfois très très ambigus sont interprétés par le lecteur en
fonction de son «humeur», c'est à dire de la bienveillance à
l'intransigeance la plus agressive....
A dire vrai c'est un peu
la même chose dans toutes les religions: nous l'avons vécu du
XIIIème au XIVème siècle avec l'inquisition et ses nombreux
massacres. La violence, même moins généralisée, ne s'est pas
arrêtée pour autant et les génocides entrepris au nom de l'église
dans les pays du nouveau monde sont indéniables. L'évolution
européenne avec ses guerres de religions n'est pas non plus de
nature à redorer le blason des hommes d'église. Même s'ils n'ont
pas effectivement participé, ils ont pu commanditer ou coupablement
laisser faire sans s'exprimer.
L'islam est une religion
adolescente puisque née au VIIème siècle. Si je compte bien, 13 et
7 font 20 et c'est bien au cours du XXème siècle que le terrorisme
islamiste est apparu. Nous vivons donc aujourd'hui ce que l'église
chrétienne a vécu au XIIIème siècle.... C'est donc loin de se
terminer !
Phénomènes aggravants:
il n'y a pas de clergé chez les sunnites (plus de 85% des croyants);
d'autre part dans l'Islam, le Coran, texte de base, est utilisé
comme source de décision théologique mais aussi comme source de
lois, et la religion empiète ainsi sur la politique et la vie
sociale. Cela se complique davantage avec l'apport en tant que source
complémentaire des lois, des paroles et actes du prophète.
Même si nous vivons
aujourd'hui une époque très médiatisée, cela n'empêche pas les
leaders d'opinion de s'exprimer de façon contradictoire au vu et au
su de tous. Je prends comme exemple simple le port du masque, qui
était inutile au début de l'épidémie selon nos dirigeants, et qui
est devenu obligatoire, imposé par ceux qui le prétendaient inutile
quelques semaines plus tôt. Difficile d'imaginer qu'au VIIème
siècle les leaders d'opinion, dont le prophète, n'aient pas à un
moment ou à un autre tenu des propos contradictoires, ou agi en
violation de leurs propres écrits.... Encore une illustration
simple: les dirigeants nous expliquent que c'est mal de rouler en
excès de vitesse en raison du danger pour autrui et soi-même, mais
aussi en raison de la pollution générée dans l'air par le moteur
du véhicule... Ce qui n'a pas empêché la Maire de Paris de rouler
en hyper excès de vitesse sur le périphérique ainsi que l'a
rapporté le quotidien de Paris... C'est encore et toujours le
«faites ce que je dis et pas ce que je fais» !
Dans ces conditions la
référence aux gestes et aux paroles du prophète est franchement
très approximative et donc peu crédible en tant que source de la
religion et des lois. Cela pourrait cependant expliquer la profusion
d'interprétations et les différents courants dans l'islam
sunnite.... Phénomène très aggravé par l'absence de clergé, donc
d'arbitre pour trancher. C'est donc la porte ouverte à tout orateur
qui peut alors dire ce qu'il veut en se référant aux textes, aux
gestes, aux paroles du prophète: puisqu'étant seul à interpréter
il interprète à sa façon.
Un groupuscule
radicalisé, et quelques prédicateurs suffisent, peut donc
influencer une énorme masse de croyants et provoquer des
catastrophes... Sans compter les malfaiteurs opportunistes qui se
saisissent de l'occasion et se réclament du mouvement pour «faire
de l'argent». Tous les mouvements révolutionnaires et religieux ont
ainsi, à un moment ou à un autre, «dérapé» dans la délinquance
ou le crime... C'est facile à vérifier qu'il s'agisse de l'Irlande,
de la Bretagne, de la Corse, du Pays Basque, de l'Algérie, et bien
entendu de l'Etat Islamique etc..... Etc...
Les religions, il faut
l'admettre, ont eu une grande utilité au moment de leur création,
pour empêcher des injustices, prévenir les comportements dangereux,
orienter les fidèles vers des habitudes propices au développement
de la population et à la préservation de l'espèce, ne serait-ce
qu'en apprenant à éviter les maladies.... Dans une époque où
l'ignorance régnait, le savoir des guides spirituels était
important et, s'appuyant sur la peur des Dieux ou du Dieu, ils ont
empêché l'humanité de courir à sa perte. Tout cela se vérifie à
la lecture, de la Bible, du Coran et de tous les ouvrages fondateurs
des autres religions.
Au XXIème siècle avec
les progrès scientifiques fulgurants et la diffusion de la
connaissance, la religion a perdu son impact, elle devient désuète
et même obsolète, c'était inévitable ! Il est difficile de croire
à des textes scientifiquement faux qui ont permis de mettre à mort des contradicteurs...
Galilée a failli perdre la vie en disant que la terre tournait.
Alors il n'est plus cohérent de croire à tout ce qui est écrit
dans les livres sacrés. Une remise à jour majeure s'impose avec
prise en compte des données scientifiques connues et de l'évolution
économique et sociale depuis l'édition de ces livres sacrés!
Malgré tout si la peur
de la puissance divine a disparu chez beaucoup, il y a toujours des
questions sans réponses et auxquelles les scientifiques ne peuvent
pas répondre. Cela fait prendre conscience de l'humilité qui doit
être la nôtre face au miracle de l'univers et à la puissance des
éléments qui dépassent les microbes que nous sommes dans
l'immensité et la démesure de ce monde. Alors la croyance en Dieu
évolue peut-être chez certains vers la possible existence d'un
organisateur spatio-temporel, ou pour d'autres vers la négation de
toute religion avec la conviction que l'homme finira par tout
expliquer par les progrès de la science... Cela dit, on en est loin,
très loin même de cela puisque l'humanité est pour l'instant
incapable d'enrayer le réchauffement climatique, ou de faire un moteur qui diminue les émissions de CO2 ET de particules fines (on fait soit l'un soit l'autre), c'est dire la
ridicule capacité de l'homme moderne !
Pour en revenir au
problème de l'islamisme , la solution est évidente et il est
possible d'agir à deux niveaux:
1/ Pallier à
l'absence de clergé musulman en instituant une commission
d'arbitrage, composée de magistrats, pour interpréter, avec recul
et vue de l'extérieur, les textes et seulement les textes, en
excluant les gestes et les paroles qui, comme leur nom l'indique, ne
peuvent être authentiques puisque le prophète a disparu de la
planète et que ses gestes et paroles ne peuvent être que véhiculés
par une transmission orale ou par les écrits de témoins plus ou
moins objectifs. Ce tribunal d'Etat devant bien entendu être
compétent non seulement en matière d'Islam, mais aussi compétent
pour trancher les problèmes soulevés par les textes des autres
religions, non sans avoir pris l'avis du clergé concerné si ce
clergé existe.
2/ S'agissant
d'interprétation de gestes, propos, textes, nous avons déjà un
début de loi qui est pour l'instant limité aux fake news étrangères
venant perturber le déroulement de nos campagnes électorales. Il
suffirait de généraliser ce texte à toutes les fake news. Plus
personne n'aurait le droit de dire des choses fausses et d'influencer
ainsi les populations, ou même à plus petite échelle de nuire à
qui que ce soit. Au passage nous aurions des campagnes politiques
avec les mêmes chiffres pour tous les candidats, des débats enfin
constructifs, l'absence de promesses débiles, il n'y aurait pas eu de Brexit, et ce texte
permettrait de simplifier la loi puisqu'il remplacerait tout ce qui
concerne la diffamation, la dénonciation calomnieuse, l'ingérence
extérieure, et j'en passe..... Et en cas de litige, le tribunal cité
au 1/ trancherait, à moins que cette capacité de juger ne soit
confiée à notre justice traditionnelle.
A la lumière de ce qui
précède il est facile de comprendre pourquoi la volonté de nos
politiques de fabriquer des lois, pour lutter contre le séparatisme,
pour lutter contre l'islamisme radical, pour interdire de porter tel
ou tel accessoire de vêtement etc.... Révèle une attitude
primaire, des actions et déclarations épidermiques diverses et non
réfléchies, souvent inadaptées, et l'incapacité de nos
représentants élus à gérer un problème complexe.... Il est vrai
qu'ils ne représentent que leur chef de parti, éventuellement leur
petite personne, mais en aucun cas la population. C'est évident la
démocratie fout le camp, pour ne pas dire qu'elle a disparu !