vendredi 18 septembre 2026

I.A., I.A. ?........ NON, CCI !

 

Je dirais presque qu’ il manque la lettre N après le A. Car ce qui est présenté de façon flatteuse comme une intelligence est très loin de cela, presque un âne !

Je l’ai vécu en voulant sauver de la casse un Compaq pentium 4-524 doté de 2 Go de Ram. Fonctionnant sous Windows XP, il ne pouvait plus accéder à internet et en particulier à des sites comme Orange ou ceux des administrations : ce qu’on appelle l’obsolescence logicielle, et j’ajoute programmée car sous prétexte d’évolution, tous veulent absolument que l’on consomme et jette des appareils en état de marche pour acheter du « dernier cri ». Inutile de dire que l’utilisateur moyen qui se moque de la rapidité de son appareil et veut juste pouvoir communiquer, travailler un peu, et consulter internet en cas de besoin (en particulier les administrations françaises : santé, fisc etc ...), n’a pas besoin du dernier système sorti et vendu un prix fou !

C’est en voulant éviter ce gaspillage que j’ai trouvé comment donner une deuxième vie à ce matériel : passer sous LINUX.

Voulant tout faire moi-même et éviter ainsi des frais je me suis dit pourquoi ne pas suivre les conseils d’une IA comme Gemini de Google ? Des tests précédents auprès de Chat GPT, Yiaho, et Mistral m’avaient permis de tester les limites de ces trucs en posant les mêmes questions … Pour obtenir des réponses différentes, incomplètes et partiales. Donc j’étais un peu refroidi, mais s’agissant d’informatique, de questions précises, et surtout de mode d’emploi des logiciels et des protocoles dédiés, je me suis dit que normalement ça pourrait fonctionner.

Vu la Ram de l’appareil on m’a aiguillé vers plusieurs systèmes Linux légers et j’ai retenu Debian 12.15.0 qui est un des plus diffusés (le premier étant Ubuntu). Debian n’occupe que 400 Mo de Ram (cela dit Windows XP n’occupe que 250 Mo) mais il est moderne, remis à jour sans cesse, donc pas d’obsolescence à craindre et il est totalement gratuit ce qui est appréciable ! Etant novice dans ce genre de manipulation des ordis (ce n’est pas le quotidien d’un utilisateur de base), j’ai consulté Gemini.

Premier accroc : l’IA me dit : avec ce vieux processeur à coeur unique, mieux vaut le ménager et télécharger la version Debian 32 bits. J’ai noté cela car tout était argumenté et clair. Après avoir copié toute la procédure de chargement sur clé USB à l’aide du logiciel Rufus et posé le jour dit la question de comment trouver la version 32 bit pour mon compaq, l’IA me dit surtout pas cette version car le Pentium 4 -524 est un processeur 64 bits et la version 32 bits (peu utilisée) va provoquer des dysfonctionnements, il faut télécharger la version AMD 64. 32 bits ou 64 bits c’est quand même différent et avec la référence complète de l’appareil, l’IA n’avait pas le droit de se tromper !

Heureusement je n’avais rien fait. Quelques questions de contrôles plus tard je prépare la clé USB pour procéder à l’installation du système version AMD 64. Particularité : l’IA avait insisté pour une installation en ligne, la clé intégrant le système mais tous les fichiers nécessaires et les logiciels annexes arrivant ensuite via la box. L’argument était que la version totale sur la clé pouvait dater alors que l’installation en direct évitait ensuite de nombreuses mises à jour. J’ai donc suivi le conseil !

Deuxième accroc : on me conseille de choisir installation graphique, plus facile à suivre et à appliquer que les autres installations ( classique, mode console, voix synthétique) et d’éviter le bureau Gnome pour choisir LXDE ou MATE. Je n’ai compris qu’après que c’était une bêtise (aberrant pour une IA). En effet sachant que Debian c’est 400 Mo, firefox quasi autant, qu’il y a tous les fichiers de traitement audio et vidéo qui arrivent successivement, plus tous ceux que l’on ne voit pas (1399 fichiers en tout), et surtout que l’installation en mode graphique occupe 780Mo de mémoire et que le bureau MATE consomme 800 Mo… On n’est déjà au-delà des 2 Go officiels qui en réalité se limitent à 1,87 Go indiqués par l’ordi. Evidemment ça a planté ! Ayant les données matérielles c’était totalement imbécile de la part de l’IA de conseiller l’installation graphique et le bureau MATE. Le plus fort c’est que suite à cela l’IA m’a gentiment expliqué pourquoi ça avait foiré… En me disant que vu la RAM c’était logique… Alors pourquoi le conseiller ? « Mais nous allons remédier à cela avec l’installation en mode console qui ne prend quasiment pas de place et en faisant un choix « intelligent» (non je n’invente pas) qui consiste à passer au bureau LXDE ».

Troisième accroc : Et c’est reparti pour un tour ! Je dois dire que chaque nouvelle installation supposait l’effacement préalable de l’installation précédente pour éviter une réécriture de fichiers sur d’anciens fichiers et donc un tas de problèmes potentiels. Comme je voulais garder Windows XP (les deux systèmes ne sont jamais ensemble dans la RAM et sont sur le disque dur, on choisit à l’allumage celui que l’on veut), il fallait être très vigilant sur la partition du disque dur et je faisais attention à bien réserver 160 Go pour Windows et 85 Go sur les 90 restants pour Debian, avec par précaution 5 Go de SWAP (partie du disque utilisée en cas de besoin par l’ordi lorsque la Ram arrive à saturation. Sauf que si ça empêche de planter, c’est ultra lent parce que le disque mécanique est bien moins rapide que la Ram ou qu’un disque SSD). Donc je démarre sur les conseil de l’IA en mode console qui prend très peu de mémoire mais cela va très vite et on ne peut jamais revenir en arrière en cas d’erreur. Deux points sont cruciaux : d’abord le fait de travailler uniquement au clavier (en tapant le numéro de ligne du choix proposé), car la souris n’est pas active et d’autre part en faisant la conversion nécessaire car le mode console est en QWERTY et pas en AZERTY tant qu’on n’a pas programmé le pays, la langue, et le clavier (car il y a plusieurs types de claviers AZERTY ce que j’ignorais avant). Pour gagner du temps il fallait bloquer en tapant sur la touche «  ? », mais en cas d’erreur de frappe le mode console avance au bout d’un délai assez court et considère que vous avez fait un choix par défaut. Comme dans le clavier QWERTY le M descend de sa place de 2ème ligne pour se mettre sur la 3ème ligne à côté du N et que le point d’interrogation se trouve sur la 3ème touche à sa droite du M en actionnant Maj, une erreur est vite arrivée ! Ce fut le cas . L’autre problème du mode console est que l’affichage des choix ne commence pas à la ligne 1 et en ce qui me concerne je devais choisir la ligne 30 pour français (il y a au moins 90 langues ) alors que mon écran commençait à la ligne 45. Infernal ! J’ai renoncé, effacé tout de nouveau, et noté ce qu’il fallait taper à chaque choix proposé. En fait il fallait proposer le mode classique car là pas de minuteur tant qu’on n’a pas cliqué ça ne bouge pas on peut alors prendre le temps de lire et de comprendre les choix.

Troisième accroc : l’IA me dit cette fois ça va marcher on va reprendre le mode console : vous allez comme les fois précédentes laisser vide le mot de passe super utilisateur (ou root), ce qui fait automatiquement passer les droits d’administrateur sur l’utilisateur avec son seul mot de passe. C’est plus pratique pour la gestion de logiciels nouveaux et d’applications à installer. Quant au bureau vous allez choisir uniquement le dernier choix : celui des utilitaires indispensables. Tout va se charger hyper vite et je vous donnerai ensuite les quelques instructions simples en langage BASH pour installer le nouveau bureau. Effectivement au lieu de 1399 fichiers à installer il n’y en a eu que 122, effectivement c’est allé « vite », enfin vite par rapport aux installations précédentes c’est à dire 5 heures au lieu de plus de 12 heures ! J’étais content du résultat mais j’ai remis au lendemain la finalisation en mode console pour revenir à l’écran normal. Hélas les instructions de l’IA n’ont pas pu opérer car le mot de passe était rejeté : que je laisse case vide, ou que je tape le passe utilisateur le système refusait, s’en est suivi une série de manœuvres pour « ruser, et contourner le rejet du système », mais en pure perte. L’ordi étant inutilisable en mode console au quotidien j’ai décidé de tout effacer et de recommencer autrement. Et un mauvais conseil de plus !

Quatrième accroc : vraiment en colère j’ai positivement engueulé l’IA pour m’avoir si mal aiguillé alors que toutes les données sur le matériel avaient été indiquées…. Mais non prises en compte. M’avoir conseillé de ne pas mettre de passe Root alors que le système Debian en demande un et que sans ce mot de passe il bloque toute tentative de modification importante. Tout cela l’IA ne pouvait pas l’ignore et d’ailleurs dans sa réponse les erreurs ont été reconnues ! Mais j’avais passé je ne sais combien d’heures étalées sur plus de 4 jours. Et je zappe l’installation réussie (la deuxième ou troisième je crois) mais qui rejetait mon mot de passe sur l’écran d’accueil et là encore les fumeuses solutions de l’IA m’ont fait perdre un temps fou sans solution au bout. Une installation a planté au niveau de 94 % des logiciels installés après plus de 10 heures de temps. Devoir encore recommencer après plus de 10 heures est frustrant, mais j’ai continué ! Finalement l’IA m’a dit qu’effectivement il fallait mettre un mot de passe Root, mais quand même choisir un bureau ultra léger le LXQT. Et je passe tous les conseils idiots ou erronés qui m’ont fait perdre du temps, pour une des installations c’était si lent que vers minuit je suis allé dormir en laissant le compaq en marche toute la nuit, et le matin, voir encore un blocage au-delà de 90 % avec le compaq qui tournait en boucle sur les mêmes fichiers (vérification des faits en mode console) a été une déception de plus !

Enfin : Tout vient à point à qui sait attendre ! La Solution est venue avec l’installation en mode classique (écrit), le choix des mots de passe administrateur demandé, et le bureau LXQT. Non sans mal car à 96 % d’installation des logiciels l’ordi s’est bloqué. Cette fois l’IA a été de bon conseil (il était temps!) en me faisant afficher le programme d’installation puis cliquer sur l’installation du programme suivant (le dernier de la liste), soit le démarrage Grub, mais en négligeant les 4 % manquants. Argument : la totalité du système et des logiciels étant en place les 4 % ne représentent que quelques bricoles que l’on pourra télécharger ensuite. Grub est très important dans la mesure où à l’allumage de la machine il propose de choisir le système de travail, soit Windows XP, soit Debian. Il faut choisir rapidement sinon par défaut c’est Debian qui se charge dans la Ram. Ensuite il restait à vérifier en mode console si tous les fichiers étaient téléchargés et le système s’auto analysant a noté en vert les quelques fichiers absents qu’il a donc installés. Ouf, mais quand même une bonne semaine à ramer !

Ensuite, pour la touche finale, il a fallu protéger la mémoire vive en empêchant firefox de travailler comme sur un ordi puissant : d’abord en bloquant la pub avec Ublock origin, puis en lui demandant de ne pas mémoriser les onglets visités sur internet, puis en restreignant les vidéos et la musique. De la même façon pour éviter de devoir charger un portail de fournisseur de mail comme Orange, Gmail ou d’autres (alourdis par un tas de pubs et de fichiers inutiles) il a fallu prendre un « client de messagerie », c’est à dire un programme ( ici Thunderbird) qui va sur le site de l’adresse mail chercher les messages reçus, et qui vous permet d’envoyer vos messages au site qui ensuite les transmet au destinataire. Au lieu de charges plusieurs centaines de Mo dans la Ram, vous en utilisez bien moins que 100Mo. L’ordi est maintenant prêt à fonctionner comme avant, sans être bridé pour internet…. Jusqu’à ce que le matériel lâche… Le plus tard possible espérons-le.

MORALE DE L’HISTOIRE

I.A. mon œil ! Il s’agit en fait d’une compilation ciblée d’informations ou C.C.I.. En gros, Google analyse votre question et cherche dans sa banque mondiale de données tout ce qui s’en rapproche et tente une synthèse des réponses trouvées. Remarquez que si vous lisez ce que dit l’assistant IA Gemini, à doite de l’écran vous avez l’affichage des références utilisées. Comme Gemini est programmé pour converser avec vous, tout semble clair et argumenté mais en réalité Gemini ne réfléchit pas, ne tient pas compte de vos données, et répond juste à la question sans chercher à l’adapter à votre contexte très personnel. On ne peut donc pas parler d’intelligence !Si vous posez une question de droit, les textes français sont affichés et il ne peut pas y avoir beaucoup d’erreurs, malgré tout ça ne coûte rien de consulter le site légifrance ou le site .gouv pour recouper les infos reçues, vous avez aussi des sites d’avocats. Normalement en matière d’informatique si la question porte sur un mode d’emploi ou des petites modifications de fonctionnement de votre ordi, pas de problème, mais si vous avez quelque chose d’ardu et des conditions à respecter comme dans mon cas alors là méfiance. J’ai parlé de quatre accrocs mais il y a eu bien d’autres bévues de Gemini ! Heureusement, méfiant sur la fin, je préférais poser plein de questions et souvent la réponse était « vous avez raison mais alors faites ceci ….. ».

Cela dit il est un peu normal qu’il y ait plein d’erreurs car la banque de données est la totalité de ce qui circule sur internet. Comme il y a au moins la moitié des choses qui sont soit un peu biaisées soit totalement fausses, il n’est pas étonnant que les études annoncent 30 % de réponses nulles. Malgré tout c’est un bon outil qui fait gagner du temps sur les recherches. Dans une requête classique sur google vous étiez face à des sites incapables de vous répondre correctement, d’autant que google met en première page les sites qui soignent leur référencement et ceux qui sont de gros clients de pub mais pas du tout les sites aux réponses pertinentes. Avec Gémini au moins on est de suite dans le vif du sujet. A mon avis cela ne durera pas trop car les annonceurs classiques vont faire la gueule si tous les internautes cliquent à 90 % sur Gemini au lieu de choisir leur site à eux et Google devra réagir pour ne pas perdre de recettes de Pub.

Malgré tout il y a des vices dans un assistant IA ( Gemini ou les autres). Souvent quand l’occasion se présente, on vous parle de produits, de logiciels ou autres qu’il vaut mieux acheter ou choisir. Il peut très bien s’agir de publicité cachée et c’est de nature à fausser la concurrence sur le marché, l’assistant quitte alors son rôle et devient influenceur !

L’autre vice caché est le fait que ces « assistants » sont programmés pour détourner les questions gênantes et répondre ce que le concepteur veut répandre comme idée. Il faut donc prendre tout ce qui concerne l’information, la politique et même l’histoire, avec des pincettes. Même en matière scientifique où en principe la rigueur est la règle, vous avez des faits avérés, parfois inexpliqués, que la science rejette uniquement parce que cela ne correspond pas à la théorie du moment… Tout un pan de la connaissance peut ainsi être mis hors jeu et ce n’est pas de nature à faire progresser la recherche donc l’humanité !

Gemini et les autres sont malgré tout un gain de temps si on les utilise comme un « super-Google » mais au-delà attention, il est imprudent de faire trop confiance !

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