jeudi 2 avril 2026

A L'EAU, A L'EAU : AH ..... L'EAU !

 

L’allusion dans l’article précédent à l’électrolyse pour obtenir de l’eau se réfère à une étape intermédiaire qui permet éventuellement d’obtenir directement de l’eau par le processus inverse ( mais c’est alors en petite quantité), mais qui est surtout un moyen formidable de stockage d’énergie polyvalente. Et parmi les choix possibles l’un permet d’obtenir de l’eau désalinisée.

Quelques explications préalables :

L’électrolyse directe de l’eau de mer est possible avec un très bon rendement à condition d’utiliser un catalyseur (très bon marché en plus) d’Oxyde de Cobalt associé à de l’Oxyde de Chrome. Le gaz obtenu représente 1860 litres de gaz pour 1 litre d’eau (et il faut 1 KWH électrique pour 340 litres de gaz). On peut utiliser ce gaz de différentes façons. Quant à l’électricité elle peut être solaire surtout dans le golfe. Si le gaz est séparé au départ en H2 et O2 on peut l’utiliser comme stock d’énergie pour récupérer de l’électricité ensuite à volonté (pile à combustible). On peut utiliser H2 seul en carburant de moteur thermique propre, puisque mélangé à l’air atmosphérique dans le carburateur il explosera dans le cylindre en rejetant de l’eau. On peut l’utiliser sans séparation de ses composants pour booster un moteur thermique classique en diminuant la consommation de carburant (dans ce cas l’électrolyse se fait sous le capot via un barboteur de sécurité et rejoint la durite d’alimentation en air du carburateur : c’est ce qui est vendu sous le nom de HHO depuis les années 70). Il y a même des variantes avec injection en plus d’un peu de vapeur d’eau. On peut l’utiliser en moteur à implosion ce qui mérite des détails : Quand on électrolyse, un litre d’eau devient 1860 litres de gaz. Mais à l’inverse la combustion du gaz (uniquement sous étincelle électrique haute fréquence de plus de 9000 V) supprime 1859 volumes de gaz pour donner un volume d’eau (1860 = 1859 +1 ). Si donc vous injectez dans un cylindre vide (piston en bas de chambre) 1860 volumes de gaz, le piston remonte. Un peu comme quand vous soufflez dans un ballon de baudruche qui gonfle, ici c’est le piston qui monte. Lorsque l’étincelle se produit, le gaz brûle et se transforme en un seul volume d’eau créant un énorme vide de 1859 unités que la pression atmosphérique ( 1kg par cm² en gros) supprime aussitôt. plus la surface du cylindre est grande plus la force sur le piston est importante (un cylindre de 10cm de diamètre encaisse une poussée instantanée de 78,5 kg ). Bien entendu cela est intéressant sur de petits moteurs, car pas question d’avoir un moteur de grosse cylindrée vu la quantité énorme de gaz qui serait nécessaire. Encore une précision cette implosion se fait sans dégagement de chaleur. On peut utiliser ce gaz comme combustible non explosif. C’est une caractéristique étonnante mais le mélange H2O n’explose que si les proportions sont différentes de celles obtenues par électrolyse ( il y a une toute petite marge d’erreur). En d’autres termes pour vraiment ne courir aucun risque il faut garder le gaz après électrolyse dans un contenant totalement étanche, sans prise d’air, et sans arrivée quelconque d’air dans la canalisation joignant le récipient et le brûleur. Moyennant cela la combustion est sans aucun danger et la plupart des appareils commercialisés sont utilisés pour la soudure car la flamme parvient facilement à faire fondre du tungstène. A ce propos je signale que la société chinoise NORINCO qui commercialisait l’électrolyseur BN2000 (pour 2000 litres de gaz produits en 24h), mais aussi BN3000 et autres modèles, ne semble plus en vendre. J’avais trouvé il y a environ 10 ans des propositions NORINCO de vente sur internet (10000€ pièce quand même), mais aujourd’hui mes requêtes n’aboutissent nulle part !

Norinco avait été la seule entreprise à s’intéresser à l’invention de Yull Brown et l’avait effectivement produite et commercialisée. Pour la soudure c’était une fabuleuse opportunité car largement supérieure à tous les autres procédés, et surtout bien moins chère que la soudure au chalumeau oxyacétylénique ou à l’arc.

J’en arrive au point de départ : le dessalement de l’eau de mer.

Le golfe persique dispose de centrales de dessalement à osmose inverse. En cas de destruction il faudrait pouvoir disposer d’une solution de secours. Par exemple la copie en plus grand de la récolte d’eau douce par évaporation et condensation sur une coupole plus froide (élémentaire en survie). L’électrolyse d’eau de mer fournirait déjà de l’énergie sous forme de Gaz, et le soleil local chauffe très fort. Il faudrait coupler le chauffage solaire d’une fine couche d’eau sur plaque métallique, avec la chauffe par brûleurs sous cette plaque métallique grâce au gaz d’électrolyse pour générer de la vapeur d’eau au-dessus. Il suffit de disposer au-dessus de l'eau une couverture transparente, étanche et rigide, en léger cône, refroidie par projection d’eau de mer plus froide dès que la vapeur se forme, cette pellicule dépassant la zone de chauffe et permettant à l’eau condensée de couler dans une gouttière de récupération. Bien entendu ces unités ne doivent pas nécessairement être énormes il vaut mieux d’ailleurs avoir de petites unités travaillant en décalé pour garantir une production régulière, d’autant qu’à un moment donné il faudra bien rincer les plaques lorsque trop de sel a été accumulé.

C’est une méthode simple et surtout rapide car, du fait de la conservation de l’énergie, on récupère autant en chaleur par combustion du gaz d’électrolyse, que l’on a injecté en électrique pour électrolyser, mais la différence fondamentale c’est la vitesse de combustion par rapport à la lenteur d’électrolyse. Par conséquent l’eau de mer sur la plaque va très vite monter à 50° sous le soleil, et la grosse quantité de chaleur dispersée par les brûleurs va très vite évaporer l’eau. L’eau projetée sur la coque extérieure dès l’apparition de vapeur va à la fois condenser la vapeur sous coque et se réchauffer un peu avant qu’on ne la fasse entrer sur la plaque à son tour. Je pense qu’avec par exemple 10M² par plaque-unité et seulement 10 cm d’eau, tout peut être évaporé en quelques minutes pour récupérer quasiment 1M3 d’eau douce. Gros avantage, l’installation, si elle doit être précise dans les détails, n’a pas un niveau technique fantastique et est donc facile à mettre en place lorsqu’une usine classique est endommagée. C’est assez bluffant de voir toutes les propriétés de l’eau, à la fois synonyme de vie mais au potentiel énergétique énorme : on ne se rend pas compte que si d’aventure quelqu’un parvenait à électrolyser toute l’eau de la planète…. Avec le déséquilibre du dosage lié à l’oxygène atmosphérique, une petite étincelle provoquerait l’explosion gigantesque qui sans doute désintégrerait la planète.

Nos scientifiques se compliquent la vie à chercher des trucs incroyables pour obtenir de l’énergie, du nucléaire jusqu’à copier le fonctionnement de notre soleil…. Alors que l’eau peut faire aussi bien sinon mieux, sans déchets et sans pollution…. Cherchez l’erreur. En cette période troublée l’occasion est trop belle de passer à des procédés et des solutions nous libérant de la dépendance énergétique fossile… l’incroyable manque de vision de nos chefs pose vraiment problème. C’était moins grave à l’époque, mais Giscard a quand même manqué de pif en pariant sur les « avions renifleurs », et surtout il a plombé la France en choisissant le minitel (choix de court terme), et non internet… Du coup tous les cadors français en pointe à l’époque ont bossé pour les américains et il nous a fallu ensuite payer le prix fort pour disposer de ce que nous avions inventé. Nos derniers présidents eux aussi ont manqué de vision et l’actuel suit le mouvement…. C’est cela la France !



P.S. Il est connu que pendant la guerre 39-45, les britanniques ont équipé leurs blindés et autres véhicules d’Afrique de générateurs de gaz oxhydrique ( celui de l’électrolyse) pour faire tourner leurs moteurs puisqu’il y avait pénurie de carburant. Très étrangement après la guerre tous ces générateurs ont été systématiquement détruits, pourquoi ? Alors qu’ils fonctionnaient très bien. On peut aussi se demander pourquoi les chinois de Norinco ont cessé de fabriquer les électrolyseurs pour soudure . Peur de gêner la rente de quelques lobbies ? Dans les deux cas je ne suis pas loin de le penser !